Pourquoi après un premier accouchement sur-médicalisé j’ai décidé d’accoucher naturellement

Quand on attend son premier enfant, on a tous tendance à passer des heures à réfléchir à la décoration de la chambre, à faire des listes de prénoms et à comparer les poussettes. L’accouchement dans tout ça ? On préfère ne pas trop y penser, plutôt le prendre à la légère : « Il est entré, il faudra bien qu’il sorte ». On se rassure en se disant qu’on n’est plus à l’époque de nos (arrières) grands-mères, à accoucher avec des serviettes et une bassine d’eau chaude. En tout cas c’était mon état d’esprit il y a 8 ans, quand, alors encore toute jeune (22 ans), j’attendais mon premier bébé.

Aussi, ce matin de décembre, j’allais à la maternité sans trop d’appréhension et avec une confiance aveugle en l’équipe médicale. J’avais choisi cette maternité car en plus d’être près de chez moi, c’était tout simplement une des maternités enregistrant le plus grand nombre de naissance en France. « Ils maîtrisent », me disais-je, j’allais être dans de bonnes mains. Quelle erreur ! Je suis tout simplement tombée dans une « usine à bébé », où la place de l’humain, le rôle de la maman et du père, est inexistant.

Pourquoi j'ai choisi un accouchement naturel

Sur médicalisation… pour rien ?

Ma grossesse s’était très bien passée. Mon bébé avait bien la tête en bas. J’étais en parfaite santé, il n’y avait aucune raison pour que l’accouchement se passe mal. J’ai fissuré la poche des eaux chez moi, mais aucune contraction à l’horizon. Quand nous sommes arrivés aux alentours de 9h30 à la maternité et que j’ai expliqué la situation, on a levé les yeux au ciel « ça va durer des heures ! ». Et dans une usine à bébé, un accouchement qui dure trop longtemps, c’est contreproductif.

On m’installe directement en salle de naissance. Blouse, perfusion sur la main « au cas où », monito. Je suis attachée au lit sans pouvoir me mouvoir et je suis condamnée à attendre. Deux heures plus tard, rien n’a bougé, je ressens tout juste quelques très légères contractions, et encore. La sage-femme semble agacée. Je la vois s’approcher de la perfusion, mettre une poche, et j’ose demander un peu timidement « qu’est-ce que c’est ? » « Oh rien, juste pour accélérer un peu le travail ». Ce rien, je ne l’ai compris que bien plus tard, c’était une poche d’ocytocine, pour déclencher l’accouchement. Oui, ce rien n’avait rien d’un geste anodin. On me déclenchait, sans aucune raison médicale valable et sans me le dire clairement (et sans rien me dire du tout d’ailleurs si je n’avais pas posé la question).

En un petit quart d’heure je me tords de douleur. Elle m’est tombée dessus, en quelques minutes, totalement insupportable. Je me sens si nulle. En quelques minutes de contractions je réclame déjà la péridurale à corps et à cris. Mon corps est paralysé par la douleur qui ne me laisse pas respirer une seule seconde. Je me sens si nulle. Au bout d’une heure de souffrance, on me pose enfin la péridurale. Je les bénis. Et je me sens si nulle.

Les heures défilent, je ne ressens absolument plus rien. Mon mari et moi nous nous ennuyons à mourir, dans cette salle d’accouchement austère et sans fenêtre. Toutes les heures, l’équipe médicale revient contrôler et j’ai le droit à tous les gestes intrusifs et inutiles (dans mon cas) possibles, qu’on m’applique sans aucun consentement et presque sans aucunes explications : on me perse la poche des eaux, on fait sortir mon urine par mon urètre avec un petit tuyau (mais sans rire… pourquoi ?!), et on me fait des touchés vaginaux à tout va… Je me sens infantilisée à l’extrême, tellement mal à l’aise, mais je fais abstraction en pensant à la naissance imminente de mon bébé. Et enfin, vers 17h, je ressens l’envie de pousser. « Pas déjà, me dit l’infirmière, ça m’étonnerait ! ». Après avoir tout fait pour que j’accouche au plus vite, on ne me croit même pas quand je dis que je sens le bébé arriver, et elle repart sans même vérifier, le comble ! Mon mari part chercher la sage femme.

J’avais bien entendu raison, le bébé était bien là. Je panique, je commence à ressentir les contractions, et en quelques secondes je dois prendre une décision : me réinjecter une dose de péridurale (le bouton était à ma disposition), quitte à ne rien sentir du tout, ou ne plus injecter avec la peur de ressentir les mêmes douleurs que quelques heures plus tôt. La peur l’emporte, je rappuie. Je me sens si nulle.

Je ne sens absolument rien pendant la descente du bébé, je regarde le monito pour savoir quand pousser. Je suis un peu perdue et ne comprend absolument pas ce qui m’arrive. Ma gynécologue arrive juste à ce moment. En quelques poussées mon bébé est dans mes bras. J’oublie tout.

On me recoud. De quoi, déchirure naturelle, épiosio ? Je ne le sais même pas, mais vu que j’avais eu le droit au package complet de le médicalisation, l’épisio me semble bien probable. Et quand au bout de quelques heures je regagne ma chambre, et que les effets de la péridurale se sont estompés, je connais de nouveau l’enfer. J’ai un énorme hématome autour du vagin (dû certainement à de mauvaises poussés pendant l’accouchement, dixit les sages femmes rencontrées pendant ma deuxième grossesse), et surtout l’impression d’avoir les points de suture trop serrés (ce qu’on ne me confirmera jamais). Pendant 3 jours je ne pouvais à peine bouger ou marcher, et je n’ai pas pu m’asseoir pendant 11 jours, je vous raconte même pas les douleurs en allant aux toilettes. La seule réponse de l’équipe médicale : le doliprane. On me laissait dans ma douleur, me faisant croire que c’était tout à fait normal, alors que j’étais à peine capable de m’occuper de mon bébé. Je n’ai même pas pu l’accompagner pour son premier bain. Mais je ne disais rien, je les croyais : tout est normal. Jusqu’au jour de la sortie où on avait RDV avec les autres jeunes parents pour une réunion d’information. J’arrive dans la salle et retiens mes larmes : les jeunes mamans sont toutes bien assises sur leurs deux fesses. Non, ce n’est donc pas normal ce que je vis. Je me sens si nulle.

Et pourtant, malgré tout ça, 24h après la naissance, je vous aurais dit que j’avais eu un accouchement parfait. Mon bébé et moi étions (presque) en parfaite santé. Je ne voyais pas le mal dans cet accouchement. Je n’avais pas compris que je venais de subir des violences obstétricales et psychologiques (et je ne vous raconte même pas le reste du séjour en maternité qui était dans la même veine).

Pour mon deuxième enfant, un accouchement naturel. Et si j’étais pas si nulle en fait ?

Les mois et les années passent, et plus j’y pense, plus cet accouchement me hante. Alors bien entendu, quand je tombe enceinte de mon deuxième enfant, l’accouchement est au cœur de mes préoccupations. Je parle de longues heures de ce premier accouchement avec une personne adorable qui nous faisait une préparation à la naissance en haptonomie. Son écoute, son accompagnement et sa reconnaissance de ma douleur (physique et morale) et de la situation inacceptable que j’ai vécue me permettent de prendre la décision suivante : tant que possible, j’aurais ce deuxième enfant le plus naturellement possible.

Loin de mettre l’accouchement au dernier plan, derrière la décoration de la chambre et le choix des bodys, je passe des heures à me renseigner. Bien entendu, je change de maternité, tant pis si je passe de 5 minutes à 30 minutes de route. Je lis des livres, notamment le magnifique « Pour une naissance sans violence » de Frederick Leboyer. Je m’entraine à la méthode Bonapace. Chaque soir, je masse mon périnée pour éviter la déchirure. Et surtout, avec mon mari, ultra présent, nous répétons inlassablement notre projet de naissance : pas de péridurale, pas d’accouchement sur le dos, un minimum de geste médical, un minimum d’équipe présente, etc etc… On fait même des entraînements en situation réelle « si la sage femme te dit ça, tu dis ça », « si il se passe ça, on fait ça ». J’étais effrayée mais déterminée. Cette fois ci je me laisserais pas avoir, pas infantiliser, je serais actrice d’un des moments les plus fort de ma vie. Je ne serais pas nulle.

Ce 9 mars 2014 on a été à la maternité après une nuit de gestion des contractions. Mon mari était là, il m’accompagnait, je vivais chaque contraction l’une après l’autre. J’étais sereine. Quand en salle de pré-naissance on m’annonce que je peux aller me promener une petite demi-heure, nous partons pendant plus de 2h30. Nous nous baladons, puis allons au restaurant, où je gère une bonne partie du travail. Sous le regard étonné des autres clients.

On prévoit une nouvelle balade au parc, mais en attendant le tram, je lui dis que finalement non, maintenant, il faut y aller. En salle d’accouchement, je danse entre chaque contraction, ça me détend. Puis la poche des eaux se rompt pendant un mouvement.

On me propose la péridurale « Vous êtes sure ? ». Je suis sûre. Je ne veux pas accoucher sur le dos « vous êtes sûre ? C’est mieux pour vous ». Je suis sûre. Je me sens si forte. Non seulement je vis le moment le plus dingue de ma vie, mais je me prouve que je ne suis pas nulle. Je suis forte.

17h33, ma petite princesse vient au monde le plus naturellement et de la façon la plus belle possible, alors que je suis dans les bras de mon mari. Une heure après, je suis debout, je m’occupe d’elle, en pleine forme, sans aucune séquelle, prête à recommencer tout de suite si il le fallait, l’expérience la plus forte de ma vie.

Pour autant même si nous nous savions dans une maternité beaucoup plus incline au naturel que la première, nous avons quand même dû nous battre pour nos idées. Parait-il que l’équipe nous appelait « les déterminés » (je pense que ce n’est pas exactement le terme qu’ils devaient employer entre eux…). Nous avons dû nous battre pour qu’on soit, tous les trois, mon mari, mon bébé et moi, au cœur et aux commandes de ce moment qui ne concerne que nous.

Aujourd’hui, j’attends mon troisième enfant. Évidemment, la question de l’accouchement naturel ne se pose même pas. Et je m’y prépare de nouveau.

Bien entendu, je reconnais la nécessité de la médecine pour certains accouchements. Je suis reconnaissante envers ces médecins et ces équipes médicales qui ont pu sauver des mères et des enfants. Et pour rien au monde je ne souhaite le retour aux serviettes propres et aux bassines d’eau chaude. Mais pour autant, je pense au plus profond de moi que de nombreux accouchements sont volés aux parents et à l’enfant, par habitude, par convenance…

Je ne milite pas non plus pour un accouchement sans péridurale à tout prix. Chacune fait comme elle le souhaite. J’aimerais juste que chaque femme soit écoutée et accompagnée dans son propre ressenti. Que chaque femme soit actrice autant que faire se peut de ce moment unique.

Après oui, on va peut être me dire que je ne mesure pas la pression, le travail, le manque d’effectif des équipes médicales qui pourraient expliquer ce premier accouchement. Peut-être, ou peut-être pas. Je sais en tout cas que ce jour là, nous étions très peu à accoucher par rapport à leur capacité. Et je pense aussi que peut-être, justement, si on limitait les gestes médicaux, qu’on était plus à l’écoute des femmes, on aurait peut-être des accouchements plus rapides, avec moins de problèmes en suite de couche. Et tout le monde en serait gagnant.

Je ne sais pas comment se déroulera ce troisième accouchement. Bien des choses peuvent arriver et mettre à mal mon besoin d’accouchement naturel. J’espère pouvoir manger au restaurant et danser. Mais en tout cas, je sais maintenant que j’en suis capable. Et que je ne suis pas nulle.

Voilà quelques idées lecture pour préparer votre accouchement :

Photo d’illustration : Photo de ma fille par Jema Love Photographie.

Et vous, comment avez vous vécu votre/vos accouchement(s) ? 

 

25 réflexions sur “Pourquoi après un premier accouchement sur-médicalisé j’ai décidé d’accoucher naturellement”

  1. Quel bel article. C’est très touchant ce que tu racontes. Je ne suis pas encore mère mais cela me montre bien à quel point il faudra que je me renseigne avant d’accoucher. Tu as beaucoup de courage je trouve. Bravo à toi et à ton mari.

    1. Merci c’est gentil !
      Oui, il faut se renseigner, c’est important. Sur la maternité dès que possible (surtout que l’inscription se fait en général lors du premier trimestre) et sur l’accouchement en général 🙂

  2. Hello ! Je me reconnais dans ton premier accouchement, malheureusement. Très long douloureux malgré une péridurale. Des poussées douloureuses, les ventouses pour sortir Bébé. Une épisiotomie et malgré ça une belle déchirure .En tout plus de 15h de douleurs et de questions sans réponse. On justifie tout ça avec la taille et le poids de Clément (54 cm pour 4,2kg ) soit.
    Pour le second je ne sais pas ce que je veux mais je sais ce que je ne veux plus. On commence par une préparation à l’accouchement avec une sage femme libérale qui fait de la sophrologie. Jour J le travail commence vers 00h je gère le plus gros chez moi dans mon lit. On décolle à 3h. Arrivée à la maternité col à 9 Bébé arrive à 4h05 sans péri, sans monito,sans douleurs.Dans la joie , les rires et l’euphorie ! Un merveilleux moment. Comme toi je me suis dis : » finalement j’en suis capable « quel bonheur.
    Rien que pour avoir le même accouchement je recommencerai volontiers.
    Je te souhaite l’accouchement le plus beau qui soit pour vous . 😘

    1. Je suis pareil que toi ! Quand j’ai vu que j’étais enceinte du troisième, une des première chose que je me suis dit c’est « chouette, un nouvel accouchement à vivre !! ». Je suis heureuse que toi aussi tu ai eu le droit à un bel accouchement 🙂

  3. Je te souhaite un aussi beau accouchement que le deuxième. Pour ma part, je garde un souvenir émue et tendre de mon accouchement alors que j’ai rencontré presque toutes les complications possibles, on n’avait qu’une sage femme auprès de nous qui nous a guidé pas à pas et nous a laissé gérer comme on voulait. Ça a été très long mais temps que bébé allait bien ils ont laissé faire. Par contre quand bebe a commencé à aller mal tout est allé très vite, les gestes médicaux se sont multipliés mais ils étaient nécessaires. Mon bébé avait le cordon trop court, elle ne se positionnait pas correctement pour sortir sans dommage, le liquide amniotique n’etait pas clair et pour finir j’ai fait une grosse hémorragie de la délivrance et malgré ça, j’ai aimé mon accouchement grâce à l’équipe médicale qui a été géniale.

    1. Oui, comme quoi, même avec des complications, une accouchement peut rester un très beau souvenir si on est bien entourée et accompagnée par l’équipe médicale <3 Je suis heureuse pour toi que tu gardes malgré tout un tendre souvenir de cet accouchement <3

  4. Quel bel article! C est tres beau cette deuxième naissance!
    Pour mon ainée, il va y avoir 5 ans le 7 septembre, je suis allée sans peur à la maternité, parce que je travaillais dans le médical a l epoque, je n avais as vraiment peur. J etais confiante, meme si on m avait prédit un gros bébé!
    Arrivée a 17h à la maternité, et a 7h le lendemain matin, apres une peri posée à 18h, un changement d equipe et mon col à 9 après plusieurs heures… on prend la decision d une cesarienne.
    Je suis sereine, mon bébé est en detresse, je veux qu elle naisse en bonne santé. Alors a 10h46 ma Charlotte nait, et l infirmiere du bloc vient me glisser à l oreille: »vous donnez naissance comme toutes les autres mamans! On vous donne juste un petit coup de pouce! ». Je crois que cela m a permis de bien vivre cette cesarienne. J ai bien vecu la suite: pas de douleur, j ai pu m occuper de ma fille (4kg tout pile!), et suite de couches niquel.
    Cet été, le 13 juillet, à 1 jour du terme de ma 2nde fille, écho pour estimation de poids et monitoring. Mon mari est là, monito ok. Puis echo…et là on me dit 4.5 kg!!! Le gynéco m appelle, il me propose une cesarienne à cause de mon col qui ne s etait pas ouvert la premiere fois. J accepte, car j ai confiance, encore. Et a 14h48, Mathilde voit le jour, dans une salle où il y avait le personnel medical mais aussi mon mari, en tenue, près de moi. Mathilde a pu faire du peau a peau avec papa alors que j etais en salle de reveil.
    Mes suites de couches ont été mpins simples: mon col s est « ouvert » la 2eme nuit, alors que je changeais ma fille…. comme une hemorragie, mais en fait mon col ne s etait ouvert qu à 1, il n a pas eu le temps avec la cesarienne. Et j ai eu une mycose, dûe à cette stagnation à 1cm.

    J ai envie d un 3eme, d ici 2 ou 3 ans, je sais que j aurai une 3eme cesarienne. Je m y suis faite. Je suis prête. Je me dis que mon corps n est pas prêt à laisser partir mes bébés…

    Je ne connaitrais jamais le bouleversement merveilleux d etre actrice de mon accouchement, donner la vie au sens le plus pur, le plus instinctif, le plus animal. Alors à ma façon je reprends le pouvoir et j allaite. Autant que ma fille le voudra. J ai ete tellement mal informée pour ma 1ere…

    Ton récit m a beaucoup touchée….

    Je te souhaite que ton 3eme accouchement se passe selon tes souhaits!

    Je t embrasse

    1. Merci de ton témoignage. Tu as l’air si sereine après ces accouchements. La SG de ton premier accouchement a totalement raison, tu as quand même accouché, TOI 🙂 L’allaitement est aussi une très belle manière de vivre tes césarienne.
      A très bientôt ! (et j’adore les prénoms de tes filles ! <3)

  5. Un très joli post, plein d’émotions tout en étant posé et intelligent. Oui, les avancées médicales sauvent des vies, de mamans et de bébés. Non, la médicalisation ne doit pas être systématique.
    J’ai vécu deux accouchements en position physiologique, sans péridurale. C’était mon choix et j’ai eu la chance de pouvoir aller au bout de ce que je voulais. Certaines de mes amies ont accouché sur le dos et souhaité la péridurale tout de suite, ça les rassurait. D’autres l’ont demandé car le travail durait. D’autres encore ont dû programmer une césarienne. Chacune a eu raison. Il n’y a pas d’accouchement qui soit plus beau, plus parfait que d’autres. Certains sont rapides, d’autres longs. Certains se passent naturellement, d’autres non. Par choix ou par besoin.
    Je dois accoucher pour la 3e fois tout bientôt. Je ne sais pas comment cela se passera. Qui peut savoir ? Je sais juste que je refuse d’avoir peur. Je veux être sereine. Pour moi et pour mon bébé.
    Je te souhaite, à toi aussi, un accouchement serein. Quoi qu’il se passe. Bien sûr que non, tu n’es pas nulle : aucune de nous ne l’est. Tu ne l’as d’ailleurs jamais été (tu as juste été très mal accompagnée, la première fois). Laissons tomber le mythe de la femme parfaite, de l’accouchement parfait, du bébé parfait. Laissons tomber la peur due, à mon avis, à la pression des pseudo-normes et des soi-disants idéaux. Gagnons le droit d’être tou-te-s différent-e-s.

    1. Merci pour ce beau message plein de bon sens.
      Effectivement, il n’y a aucun accouchement parfait (avec, sans péri, césarienne etc)… Un accouchement parfait est celui où la mère s’est sentie accompagnée et guidée. Comme le démontre des témoignages dans ces commentaires : Certaines ont très bien vécu un accouchement difficile car elles ont été accompagnées et informées. Tout simplement.

      Je ne sais pas si tu as accouché depuis ton message mais je te souhaite également un accouchement serein.

  6. Je suis très émue de lire toutes ces difficultés que vous avez rencontré et ce peu d’écoute et d’attention…
    Alors j’en profite pour remercier très fortement la sage-femme qui m’a accompagnée pour mon 1er. J’etais dans le même état d’esprit que vous. Mais grâce à elle j’ai découvert qu’un accouchement était une épreuve, une BELLE épreuve, et qu’on pouvait choisir !
    J’ai choisi mes péridurales pour mes 2 accouchements, je me suis sentie écoutée et c’était top.

    Merci pour votre recit et votre conclusion, c’est très beau

  7. Quel bel article Julie !
    Je ne suis pas mère et ce n’est pas encore au programme. Pourtant, l’accouchement est déjà au cœur de mes préoccupations. Je ne sais pas si je ferais une péridurale. On verra bien sur le moment. Mais je veux un accouchement le plus naturel possible. En vrai, je rêve d’accoucher dans l’eau. Ça serait pour moi, la plus belle façon de donner la vie. Mais bon, je n’en suis pas là encore.
    En tout cas, merci pour ton témoignage.

    1. Merci Clémentine de ton partage 🙂
      Tout ce que je peux te conseiller, si tu veux un accouchement naturel, c’est de bien t’y préparer pendant la grossesse. Il faut vraiment savoir POURQUOI on fait ce choix. Je t’avoue que quand l’équipe a un peu insisté pour la péri lors de mon second accouchement (« l’anesthésiste est juste à côté. Vous êtes sure ? Sinon ça sera trop tard hein ! »), si je ne m’étais pas mise en condition pendant des mois pour cet accouchement naturel, j’aurais certainement craqué 🙂

  8. Comme je te le disais sur Instagram, l’accouchement me fait très peur. D’ici un an et demi, on lancera ce projet de bébé et donc dans un peu plus de 2 ans, je serais peut-être en train d’accoucher.
    Et ça me terrorise. Le récit de ton 1er accouchement, c’est tout ce que je redoute, c’est précisément de quoi j’ai peur.
    J’espère que d’ici là, je pourrais trouver la bonne maternité, même si je ne sais pas trop comment faire.
    La péridurale est pour moi incontournable. Je ne veux avoir à gérer une telle douleur. Mais je veux qu’elle soit utilisée de manière intelligente. Je trouve ça très intelligent de « répéter » avec ton mari. Pour ma part, j’ai suffisamment lu de récits et d’horreurs pour savoir que je ne me laisserai pas faire. Sans refuser aux médecins la possibilité de faire leur métier si cela est nécessaire, je refuse qu’on me vole mon corps et qu’on m’impose des choses (ocytocine, déclenchement non nécessaire médicalement, touchers vaginaux à gogo, équipe surmultipliée, manque de la politesse la plus élémentaire, épisio de confort).

    1. Tu as déjà toutes les cartes en mains pour ne pas « te faire avoir », tu es déjà bien renseignée et c’est top ! 🙂
      Les violences obstétricales ne commencent à faire l’actualité que depuis très récemment. Et heureusement ! Ça aide les futures mamans, même les primipares à se préparer. Et espérons aussi que ça fasse changer un peu les mentalités dans les maternités.
      C’est vrai qu’à mon époque (bouh la vieille !), on en parlait pas du tout.

  9. Exactement la même expérience pour mon accouchement. Et des mois à me remettre de l’épisiotomie. Heureusement tu as pu vivre un beau second accouchement. Je te souhaite un merveilleux accouchement et un beau bébé <3 Tu es magnifique avec ton gros bidon. Profite bien des derniers moments 😀

  10. J’ai eu la chance de tomber dans une maternité beaucoup plus compréhensive que vous.
    J’ai souhaité accoucher sans péridurale de mes 2 premières filles, et j’attends mon troisième et je compte faire la même chose.
    J’en ai parlé avec mon gynéco qui m’a dit qu’on ferait comme je le sens.
    Pour mes 2 accouchements, je suis arrivé à la maternité, j’ai dit à la sage-femme (femme pour ma première, homme pour ma deuxième) que je voulais accoucher sans péridurale, il n’y avait aucun problème. Ils m’ont soutenu du début à la fin, sans jamais me poser la question de savoir si je voulais la prendre ou pas. Ma première j’ai mal négocier la sortie de la tête (j’ai poussé alors qu’on m’avait dit stop) j’ai eu une déchirure par dessus l’épisiotomie. J’ai du être recousu sans anesthésie, je vais pas vous le cacher quand tu viens de mettre au monde un bébé de 3kg760 sur 51cm t’as plus envie de pousser. Pour la deuxième pas de déchirure pas de points (pourtant 3kg800 sur 54cm fallait les sortir). Les deux accouchements ont été superbes dans le sens ou même si j’ai senti la douleur (on va pas se mentir ;-)) j’ai senti mes filles arrivées, descendre, c’était merveilleux.
    Les 2 sages-femmes m’ont dit dans les 2 cas qu’ils avaient été fières de le faire avec moi parce que justement c’était rarement le cas que des mamans arrive à la maternité en exprimant le souhait d’aller jusqu’au bout sans péridurale.
    Je suis très fière de moi et je vais retenter l’expérience pour le troisième. On me l’annonce avec un petit 😉 4kg à terme.
    Je pense que chaque femme doit faire comme elle en a envie, comme elle le ressent. N’hésitez pas à exprimer votre souhait fermement. C’est votre accouchement et votre vie qui se joue ce jour là.

  11. J ai aimé lire ton article ainsi que les commentaires, je reconnais tellement mon premier accouchement dans ton récit . J ai mis des mois à m’en remettre psychologiquement et je ne pense pas que je suis guérie encore de ces blessures . J idéalisais tellement mon premier accouchement que j ai été déçue . Très long (28h) et très médicalisé car à priori mon col ne s ouvrait plus alors il a fallu la péri + l ocytocine.. ce que je ne voulais pas . Je n ai pas senti mon bébé naître et j ai poussé pendant une heure . J étais tellement exténuée que je n ai pas eu d émotions quand mon bb est arrivé . Je ne pensais pas le vivre de cette manière et j ai culpabilisé. Ensuite mon mari a du partir car c était la nuit et il n y avait plus de chambre particulière alors en chambre double il n a pas eu le droit de rester . Le pire moment de ma vie on m’a laisse dans cette chambre avec la blouse de l accouchement dans la pénombre car la voisine dormait et seule avec mon bébé . Elle pleurait et moi aussi du coup je ne savais pas comment m en occuper . On m’a dit un bébé ça pleure c est normal ! Le personnel avait beaucoup de travail . Deux jours après elle a eu un ictère et nous avons eu une chambre seule car elle avait de la photo thérapie à faire dans une machine à uv. L horreur j étais si triste de la voir là dedans , on est resté à l hôpital une semaine . Pour le second , j espère pouvoir commander mon accouchement et sentir mon bb naître le plus naturellement possible mais j espère que bébé n aura pas encore un ictère car dans les cliniques ils ne sont pas équipés pour . Alors oui je souffre encore de mon accouchement mais heureusement que l on a bien soigné mon bébé par la suite . Je vous souhaite un bel accouchement comme vous le souhaitez.!

  12. Bonsoir,
    Je decouvre votre blog et cet article m’a interpellée ! Jeune maman d’une petite fille de 2 ans, des que j’ai su que j’étais enceinte je me suis concentrée sur l’accouchement. Je me suis préparée, j’ai choisi ce que je voulais et ne voulais pas (dans la mesure du possible) et bien que ça ne s’est pas trop passé comme prévu (j’ai été déclenchée 2 jours apres le terme car il n’y avait plus d’eau dans la poche), j’ai pu choisir de ne pas prendre la péridurale (et la sage femme m’a proposé de déclencher au fur et a mesure pour respecter ce choix). Bref, ce qui nous manque c’est une bonne préparation, savoir quelles sont les étapes et reconnaitre la douleur sont des aspects importants de la préparation.
    Accoucher de cette manière a été une sorte de passage rituel à la maternité pour moi, comme un chemin initiatique et je souhaite a toutes les futures mamans de vivre ça !
    Je vous souhaite une belle grossesse et un accouchement dansant 😉

  13. Bonjour,

    Cela fait quelque semaine que je lit tous les récit d’accouchement que je peux trouver. Ce qui me choque, c’est le nombre de personne qui semblent décrire le même processus de surmédicalisation avec effet secondaire (je prend toutefois cela avec un peu de recul en considerant l’effet internet, une histoire d’un accouchement standard sans soucis, ça attire un peu moins le lecteur donc on en parle naturellement moins). .

    Je vis actuellement ma première grossesse mais en Angleterre. Quand la sage femme m’a parle de l’accouchement elle m’a très naturellement propose 3 options : l’hôpital, la maison de naissance ou bien chez moi. Je précise que je n’ai pas une sage-femme particulièrement engagé, c’est simplement la procédure. Étant en bonne santé et sans complication, on m’encourage tout particulièrement à choisir la maison de grossesse (cad sans plateau médical, péridurale ou médecin a proximité, uniquement des sages femmes, en cas de soucis on transfère la patiente a l’hôpital en 15min). On m’encourage, mais on m’indique bien aussi que c’est mon choix a 100 pour cent et que tout se passera comme je le souhaite.

    Je ne peux que m’interroger sur la différence d’approche (qui m’a semblé délirante au premier abord, je suis une française primipare sans information donc un accouchement jusque là pour moi c’était à l’hôpital sous péridurale) et si il ne serait pas temps que la France prenne exemple sur d’autre pays (pas forcement l’Angleterre, tout n’est pas parfait ici non plus).

    Je ne peux que te remercier de prendre le temps de décrire tes accouchements, facile ou non, qui m’aideront a faire ce choix!

    Bon accouchement!

  14. Bonjour je viens de réaliser que j’ai eu le même accouchement que toi pour mon premier . J’étais jeune aussi j’avais 24 ans et je leur ai fait confiance . Pendant l’accouchement je me suis faite engueuler parce que je poussais pas assez fort 🤔🤔🤔 je ne sentais rien . J’ai eu la peri episio les forceps etc etc . Le jour de mon accouchement j’étais lessivée pas par l’accouchement mais par les produits qu’on m’a injecté . Au point de tomber dans les pommes plusieurs fois . Là je suis enceinte de mon deuxième g huit ans de plus et du caractère en plus et je ne veux pas de peri et je suis déterminée. Coûte que coûte ils ne minjecteront pas leur saloperie de produits .bon courage pour ton troisième accouchement .bonne journée

  15. Et bah en lisant ton article, finalement, je me rend compte qu’il y avait peut-être 2-3 choses anormales pendant mon accouchement…
    J’étais stressé par l’accouchement avant d’être enceinte… Ma fille a 2 ans et ce moment me panique depuis mes 14 ans au moins…
    J’étais sûre de trois choses : pas de césarienne (sauf urgence vitale), pas d’épisio et je ne voulais pas toucher la tête de mon bébé pendant la sortie (Ma Maman l’a fait).
    J’ai eu pendant 1 semaine (à 35 SA) des contractions toutes les 3min. Certes, pas très violentes mais tout de même.. J’ai fait plusieurs aller retour aux urgences gynéco pour vérifier que tout allait bien. (J’ai failli perdre mon bébé en début de grossesse à cause de mon boulot et j’ai passé une grossesse allongée..). J’ai donc été accueilli après 1h d’attente par une sage femme. Elle m’a demandé ce que j’avais, j’ai fait un monito. Comme j’avais mal à la sciatique, elle a voulu me faire de l’acupuncture. J’étais pas trop pour mais elle a su me convaincre. Elle m’a loupé, j’ai énormément saigné et ça n’a pas enlevé la douleur, ça m’en a rajouté. En voyant mon monito elle m’a simplement dit que j’étais bien trop jeune (23 ans à l’époque) pour savoir ce qu’est une contraction et vu mon « petit » poids (65kg à l’époque avec mes 15kg de grossesse) c’était normal. J’y crois toujours pas. Elle a été désagréable et méchante. Heureusement Chéri était là et m’a défendue… J’ai fait noté sur mon dossier que je ne voulais plus la voir.
    Au final, j’y suis retourné le week end d’après pour voir l’anesthésiste et comme ma sage femme était là et avait su que ça allait pas, elle m’a ausculté. Ma poche des eaux était fissuré depuis plusieurs jours (on suppose). Déclenchement prévu en urgence…mais sans elle car son service était terminé… On m’a posé une sorte d’éponge qui m’a fait souffrir le martyre. Personne ne voulait me l’enlever. Le médecin de garde voulait me donner de la morphine (le même qui m’a fait très mal en début de grossesse durant un examen). Après plusieurs plaintes, on m’a enfin enlevé l’éponge…
    Le lendemain matin, on me dit que je vais faire un monito en salle d’accouchement et en arrivant j’apprend qu’en fait on va me mettre sous perf pour déclencher l’accouchement. Ok bon c’est pas grave, au moins j’aurais ma puce plus vite dans les bras. Au bout de plusieurs heures, Chéri a du les supplier de me poser la péridurale tellement j’avais mal. L’anesthésiste m’a crié dessus parce que je bougeais trop… Arrive le moment de la poussée, la sage femme m’a conseillé de ne pas reprendre de dose de péridurale car je n’allais pas y arriver et que de toute manière il allait me rester suffisamment de produit pour ne pas trop sentir. J’ai suivi son conseil, sauf que j’ai TOUT senti. Ça m’a braqué, j’ai paniqué. Pour me rassurer, elle n’a rien trouvé de mieux à faire que de me dire de toucher la tête. J’ai refusé. Elle m’a attrapé le bras et m’a fait toucher la tête de force. Je l’ai très mal vécu et encore maintenant quand j’y repense, je me sens mal. Puis à la fin, elle m’a fait des points « parce que c’est mieux ». Oui, sauf que j’ai pas été déchirée… 2 points pour le fun…
    Je ne parle pas du séjour à la maternité qui était juste un enfer. Apparemment, j’étais sensé savoir allaiter ma fille sans aide tout de suite. Des puéricultrices qui viennent chercher ma fille en pleine nuit et qui m’empêche de venir avec elle. Et qui reviennent 15-20 min après au lieu des 10 annoncées… Bref, un enfer !

  16. Bravo pour ce si joli blog que je découvre !
    Je me retrouve bcp dans ton article, même parcours que toi, 2 enfants nés en 2015 et 2017, même état d’esprit que toi pour le 1er, « on ne pouvait pas prévoir de toutes façons …on verrait bien au moment venu, je me laisserai guider par les SF qui seront aux petits soins, c’est leur boulot » ! résultat accouchement sous assistance (poche percée + synto pour accélérer, mais pourquoi…🤦‍♀️); clouée au lit dès l’arrivée alors que je n’avais même pas mal et que je voulais me balader (pourtant dans baby boom elles avaient le droit de sortir !!😁). Un bébé en O.S et une maman en position allongée, combo gagnant …😣🤦‍♀️; je suis restée 5h à dilatation complète (j’ai dilaté assez vite pour un premier) sans rien faire ni ressentir mais le bébé ne s’engageait pas. On a dû donc la sortir aux forceps alors que je n’avais plus de péri sur la fin (1h20 de poussée quand même … l’alarme prévenant que la poche de péri était vide a sonné quand je me suis installée mais on m’a repondu qu’on avait le temps car elle faisait encore effet une bonne demi heure dans le corps … ); et je t’epargne l’hémorragie et la révision utérine ensuite, tjs sans péri (j’ai eu une rachi mais le Gynéco n’a pas pu attendre l’anesthesite pour attaquer … héhé 😁😱).
    J’etais contente au départ d’avoir quand même accouché par VB car je suis pas passée loin de la césa, heureusement que j’avais réussi à la faire tourner… et puis comme toi les jours et mois passants je me suis sentie nulle d’avoir passé la journée allongée sans être actrice, sans rien faire ni même avoir mal ! (Je me suis bien rattrapée au moment de la sortie du bébé et des suites de couches 😁).
    Méthode Boniface pour le 2e donc ! Ma SF m’avait prévenue que ça irait sûrement assez vite finalement car pour ma 1ère j’avais dilaté assez vite, j’aurais accouché vite si j’avais pu aider bébé à descendre au lieu de rester clouée au lit ! 🤦‍♀️Je suis arrivée à la mater après 3h de contractions complètement gérables (j’avais même peur d’être en faux travail 😆) alors que j’étais déjà à 7-8. J’ai regretté comme toi que la SF me demande 3 fois si j’étais « bien sure » de ne pas vouloir de péri « parce ce qu’après c’est plus possible !! »; on peut pas encourager un peu les mamans sérieux ??. Je suis restée debout ; à 4 pattes le plus longtemps possible et bébé était là en 2 poussées 2h après notre arrivée seulement. Comme toi, je voulais recommencer le lendemain et je voudrais pouvoir être enceinte encore et encore pour pouvoir accoucher de nouveau, c’est tellement merveilleux de vivre ça et d’aller au-delà de ses limites !

    J’en profite pour te féliciter pour la naissance de Clara qui t’a fait davantage souffrir (pourtant accouchement plus rapide !), bravo !!!

    Et merci pour ton blog et ton insta dont je me régale !

    Bien à toi,

    Adèle

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